Indemnisation dégât des eaux : de 674 € à 60 334 €, à quelques semaines de la prescription
Cas client : un dégât des eaux de juin 2024, une première proposition à 674 € jamais signée, dix-huit mois sans issue. Repris en avril 2026, peu avant la fin du délai de deux ans, le dossier se termine à 60 334 € un mois plus tard.

En juin 2024, une assurée subit un dégât des eaux. L'expert mandaté par son assureur chiffre les dommages et propose une indemnité de 674 €. Elle n'est pas d'accord avec ce montant et ne signe pas la lettre d'acceptation.
Pendant un an et demi, elle conteste ce chiffrage sans obtenir de réponse qui fasse avancer le dossier. En avril 2026, vingt-deux mois après le sinistre, elle nous confie le dossier. Un mois plus tard, après une réunion d'expertise contradictoire sur place, il se termine à 60 334 €, près de 90 fois la première proposition.
Deux décisions de la cliente ont rendu ce résultat possible : elle n'a jamais signé, et elle nous a contactés avant que les deux ans de la prescription soient écoulés.
La chronologie du dossier
| Quand | Ce qui se passe |
|---|---|
| Juin 2024 | Dégât des eaux. L'assureur missionne un expert. |
| Après l'expertise | Proposition d'indemnité à 674 €. La cliente ne signe pas la lettre d'acceptation. |
| Pendant un an et demi | Elle conteste le montant, sans obtenir de réponse qui fasse avancer le dossier. |
| Avril 2026 | Elle mandate Neo Experts, quelques semaines avant la fin du délai de deux ans. |
| Le mois suivant | Nous reprenons le dossier et organisons une réunion d'expertise contradictoire sur place. |
| Fin de l'expertise | Le dossier se conclut à 60 334 €. |
Ce que montrent les photos du sinistre

Les photos prises après le sinistre montrent une cuisine dont une partie du faux plafond en plaques de plâtre est tombée. L'ossature métallique est à nu, les câbles électriques pendent dans le vide, et l'eau goutte encore du plafond sur le carrelage, au milieu des débris.
L'eau a aussi atteint le mobilier. À côté du lave-vaisselle, le chant du plan de travail et le montant du meuble sont gonflés et effrités, et des taches noires marquent le cadre de l'appareil.
Les dégâts ne s'arrêtent pas à la cuisine. Dans une autre pièce, le parquet a gonflé : les lames se sont disjointes et laissent des joints ouverts.

Un sinistre de ce type touche plusieurs métiers : plâtrerie, électricité, agencement de cuisine, revêtements de sol, peinture. Chacun doit être relevé et chiffré séparément.
Pourquoi le dossier restait ouvert après 22 mois
Une proposition d'indemnisation ne vaut accord qu'une fois signée. Tant que l'assuré n'a pas retourné la lettre d'acceptation, le montant proposé reste une offre, et le chiffrage peut encore être discuté. Notre cliente n'a jamais signé : un an et demi plus tard, le dossier était toujours ouvert, et nous avons pu le reprendre.
La lettre d'acceptation récapitule le montant retenu par l'expert de l'assureur. La signer sans réserve revient à accepter ce montant, et les recours deviennent ensuite beaucoup plus difficiles. Après des mois sans nouvelles, on peut être tenté de signer pour en finir. Si notre cliente l'avait fait pour 674 €, il n'y aurait plus eu de dossier à reprendre.
Prescription biennale : il restait quelques semaines
L'article L114-1 du Code des assurances prescrit par deux ans toute action dérivant du contrat d'assurance, à compter de l'événement qui y donne naissance. Pour un dégât des eaux survenu en juin 2024, l'échéance tombait en juin 2026. Notre cliente nous a contactés en avril, quelques semaines avant.
Un an et demi d'échanges sans issue n'arrête pas ce délai : de simples pourparlers ne l'interrompent pas. L'article L114-2 prévoit des actes précis pour l'interrompre et faire repartir deux ans : la désignation d'un expert après le sinistre, ou une lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l'assureur au sujet du règlement de l'indemnité. Une offre de l'assureur peut aussi l'interrompre, parce qu'elle vaut reconnaissance du droit de l'assuré.
Savoir si l'un de ces actes a joué, et à quelle date, demande de reconstituer toute la chronologie du dossier. Quand un dossier approche des deux ans, il vaut mieux ne pas parier sur une interruption incertaine : un recommandé à l'assureur règle la question. Le détail de ces règles est dans notre article sur le délai de déclaration et la prescription.
Un mois pour reprendre le dossier
Tous nos experts ont travaillé pour des compagnies d'assurance ou pour des cabinets d'expertise mandatés par elles avant de devenir experts d'assuré. Ils connaissent les méthodes de chiffrage des compagnies, et c'est sur ce terrain technique que nous avons repris le dossier.
Nous avons organisé un rendez-vous d'expertise contradictoire sur place. Ce type de réunion rassemble sur les lieux l'expert de l'assureur et celui de l'assuré. Chacun présente son relevé des dommages et son chiffrage, les points de désaccord sont discutés un par un, et l'issue est consignée dans un procès-verbal. Au cours de cette réunion, nous avons remis en discussion les conclusions de chacun des intervenants, à partir de nos propres constats.
Un mois après notre mandat, le dossier s'est conclu à 60 334 €, soit 59 660 € de plus que la proposition initiale.
Ce que coûte l'intervention d'un expert d'assuré
Nos honoraires combinent un forfait adapté à la nature du sinistre et une part variable de 6 à 12 % de l'indemnité, dégressive. La part variable n'est prélevée qu'après le règlement par l'assureur.
Beaucoup de contrats multirisques habitation comportent une garantie « honoraires d'expert », qui prend en charge tout ou partie de ces frais. Elle figure dans les conditions générales, et beaucoup d'assurés ne savent pas qu'ils en disposent. Le détail de nos formules est sur la page tarifs.
Proposition d'indemnisation trop basse : quatre choses à faire avant les deux ans
- Ne signez pas la lettre d'acceptation tant que le montant ne vous paraît pas juste. C'est elle qui referme le dossier.
- Demandez par écrit le rapport d'expertise et le chiffrage détaillé, poste par poste. Sans ce détail, vous ne pouvez pas savoir ce qui a été retenu et ce qui manque.
- Comptez deux ans à partir de la date du sinistre. Si l'échéance approche et que rien n'avance, envoyez à l'assureur une lettre recommandée avec accusé de réception au sujet du règlement de l'indemnité.
- Faites-vous assister par un expert d'assuré. Il reprend le chiffrage, organise l'expertise contradictoire et discute le dossier avec l'expert de l'assureur, sur les mêmes méthodes que lui.
Sur un dégât des eaux, l'écart entre une première proposition et l'indemnité finale peut être important. Dans un autre dossier, en Corse, la contre-expertise a porté l'indemnité travaux de 52 000 € à 138 000 €.
Une proposition d'indemnisation qui vous paraît trop basse, même ancienne ? Contactez Neo Experts ou appelez le 09 80 08 20 30. On regarde avec vous si le dossier peut encore être repris, et dans quel délai.
Pour aller plus loin : expertise dégât des eaux : déroulé et montants · désaccord avec l'expert d'assurance : 4 recours · délai de déclaration et prescription de deux ans · nos tarifs.
Questions fréquentes
Peut-on contester une indemnisation de dégât des eaux plusieurs mois après la proposition de l'assureur ?
Oui, à deux conditions : ne pas avoir signé la lettre d'acceptation, et agir avant la fin du délai de prescription de deux ans (article L114-1 du Code des assurances). Dans le cas présenté ici, la proposition à 674 € datait de plus d'un an et demi. Le dossier a été repris et s'est conclu à 60 334 €.
Que se passe-t-il si l'on signe la lettre d'acceptation de l'assureur ?
La signature vaut accord sur le montant proposé. Une fois la lettre signée sans réserve, les recours se réduisent fortement. Si le chiffrage vous paraît incomplet, demandez d'abord le détail poste par poste, et faites-vous accompagner par un expert d'assuré avant de signer.
Quel est le délai pour contester une proposition d'indemnisation ?
Deux ans à compter du sinistre pour agir contre l'assureur : c'est la prescription biennale de l'article L114-1 du Code des assurances. Des échanges qui se prolongent ne suspendent pas ce délai. Le détail des délais, de la déclaration à la prescription, est dans notre article sur le délai de déclaration.
Comment interrompre la prescription biennale ?
Par une lettre recommandée avec accusé de réception, ou un envoi recommandé électronique, adressé à l'assureur au sujet du règlement de l'indemnité, ou par la désignation d'un expert après le sinistre (article L114-2 du Code des assurances). Le délai de deux ans repart alors à zéro. De simples échanges ou relances ne l'interrompent pas.
L'assureur ne répond plus à mes courriers, que faire ?
Écrivez en recommandé avec accusé de réception, en rappelant la date du sinistre et le montant que vous contestez : ce courrier interrompt la prescription. Demandez dans le même envoi le rapport d'expertise et le chiffrage détaillé. Si le dossier reste bloqué, un expert d'assuré peut reprendre le chiffrage et demander une expertise contradictoire. Les autres recours sont détaillés dans notre article sur le désaccord avec l'expert d'assurance.
Combien coûte un expert d'assuré pour un dégât des eaux ?
Chez Neo Experts, un forfait adapté à la nature du sinistre et une part variable de 6 à 12 % de l'indemnité, prélevée après le règlement par l'assureur. Beaucoup de contrats multirisques habitation comportent une garantie « honoraires d'expert » qui en rembourse tout ou partie. Le détail est sur nos tarifs.
Combien de temps faut-il pour reprendre un dossier de dégât des eaux ?
Sur ce dossier, un mois entre notre mandat et la fin de l'expertise, réunion contradictoire sur place comprise. La durée dépend de l'ampleur des dommages, des pièces à réunir et de la disponibilité de l'expert de l'assureur. Comptez en général 6 à 10 semaines entre le premier contact et le versement de l'indemnité.


